Pourquoi est-ce si dur ? Pourquoi est-ce si difficile ?

Ne veux-tu pas ou ne peux-tu pas comprendre ?

 

La normalité me fait peur. Je la déteste. J’ai toujours été dans le clan des gens pas normaux. Je compte bien y rester maintenant que je sais où je suis.

 

Ça ne me plait pas d’avoir envie de gosses, d’une vie rangée avec quelqu’un qui m’aime.

La routine me fait peur.

Et en même temps, je n’attends que ça.

 

Me réveiller à côté de la même personne pour les 5, 10 ou peut-être même 20 prochaines années.

Me disputer à propos de chaussettes sales qui traînent, de l’éducation des enfants ou même simplement d’un film, d’une chanson, n’importe quoi.

Je chéris le jour où je me rendrais compte que je serais dans une horrible routine plan-plan pépère de couple dans la quarantaine, à me demander combien de filles tu as sauté récemment, si tu t’es protégé, si les enfants s’en doutent, si j’aurais été plus heureuse autrement, sans toi.

Mais je connais déjà la réponse.

J’ai beau être malheureuse avec toi, je le suis encore plus sans toi. Tout le monde a beau me dire que tu es la connerie du siècle, la connerie la plus monumentale qui existe, je m’en fous. Tu es ma connerie, j’assume pleinement et avec le sourire.

Mais putain ça fait quand même horriblement mal.

 

J’ai toujours su que le bonheur me ferait plus mal que mon état de catatonie dans lequel j’ai vécu pendant des années.

 

Je souffre. Mais je vis.

 

C’est peut-être le raisonnement faussé d’une pauvre fille qui n’a rien d’autre comme point de comparaison et qui a un sérieux problème de masochisme mais je m’en fous.

Je suis heureuse comme ça. Je sais très bien que tu ne seras pas toujours là, que tu partiras de nouveau. Et peut-être même très bientôt.

 

 

Chaque fois que tu me quittes c’est comme si c’était la dernière.

Je profite toujours de toi au maximum parce que je sais que demain tu auras changé d’avis.

Peu importe la durée de demain, c’est comme ça et je fais avec.

Même si réellement je ne fais pas avec, ça m’empêche de dormir, de manger, de vivre pleinement. Je me réveillerais peut-être un jour en comprenant que tu ne m’as rien apporté et que tu étais une horrible erreur de jeunesse.

Mais peut-être qu’au lieu de me réveiller, je m’endormirais ce jour-là.

 

J’en ai même la certitude. La passion ne dure qu’un temps.

Et je mourrais quand elle s’éteindra.

Je n’aimerais qu’une fois comme ça. Et c’est ça qui me fait peur. Savoir qu’un jour je vais de mon propre gré m’enfermer dans une vie qui ne me conviendra pas avec quelqu’un avec qui la vie sera peut-être géniale mais que je n’aimerais pas pleinement.

Et ton ombre planera sur tout. Ton ombre plane déjà sur tout

 

You’re already the voice inside my head

 

Tu le seras toujours d’ailleurs.

Je ne pourrais pas t’effacer, quoique je fasse, tu es là. Même quand je te déteste je ne peux m’empêcher de penser que…

 

Mais non, c’est perdu d’avance, je le sais depuis le début. Et ça fait deux ans que je vis là-dedans.

Et putain, je sais pas combien de temps je vais pouvoir continuer sans avoir un jour envie de me balancer par la fenêtre tellement c’est douloureux de se faire arracher constamment le cœur avec une force pareille.

 

Parce que le pire c’est que je sais que tu m’aimes, même si tu ne veux pas l’admettre. Et je préfère largement que tu ne l’admettes pas, sinon ce serait encore plus douloureux de se faire rejeter par quelqu’un qui m’aime vraiment que par quelqu’un qui me donne l’illusion qu’il ne m’aime pas…

 

J’aurais envie d’avoir des gosses avec toi. Mais je sais que tout ce que je peux espérer c’est avoir des gosses de toi.

Et encore.

Je sais que tous les jours, voir ton regard dans celui de mon fils ou ma fille, te retrouver dans le moindre petit geste, la moindre expression, le moindre sourire…Ce serait une torture bien plus horrible que ce que je ne subis déjà.

 

Je sais surtout que tu t’en voudrais de reproduire le schéma de ce que tu as vécu mais tu le reproduiras. Tu le reproduis déjà. Tu ne t’aimes pas, c’est ça le problème. Tu te détruis et tu détruis tout ceux que tu aimes. Ça fait moins mal d’être celui qui détruit, si on laisse les gens avoir de quoi nous faire souffrir, on est condamnés. L’éternelle putain de confiance.

 

J’ai raisonné comme toi de longues années. Et quand j’ai accordé ma confiance, je me suis mise en danger.

Mais le résultat en vaut largement la peine. Je sais sur qui je peux compter en toute occasion, et ça, ça n’a pas de prix. Même si ça peut faire mal des fois, je crois que ce n’est pas si grave que ça. En comparaison, ce que j’y gagne en vaut largement le détour.

 

Mais non.

 

Tu es trop détruit, abîmé, malheureux, triste…Je pourrais continuer la liste un long moment.

Mais je n’en vois pas l’intérêt.

Tu sais déjà tout ça, tu ne le dis pas c’est tout.

Mais ça se voit, crois-moi, quiconque regarde un peu plus loin que ton putain de regard de playboy de bas étage voit ce que tu caches.

Et ça fait foutrement mal. La douleur que tu caches me revient parfois en plein visage et j’ai envie de pleurer et de hurler tellement ça me fait mal. J’ai mal pour toi mais j’ai mal pour moi parce que je sais que je ne peux rien y faire. Ce n’est pas moi qui guérirais tes blessures. Personne ne le pourra et tu le sais. Et c’est ça qui t’oblige à te retrancher derrière ton masque.

 

Je cours, je me cache…

 

Mais tu ne pourras pas continuer comme ça éternellement. Quand je dis que tu rêves de te planter sur l’autoroute, j’exagère mais pas tellement.

Tu rêves que tout cela finisse, tu ne peux pas imaginer la suite du film dans ces conditions. Et tu as raison parce qu’il n’y a pas de suite possible sur cette voie.

 

Il faut un peu de normalité pour survivre dans notre société et si tu ne t’y plie pas, tu ne survivras pas.